Les Blaches : au cœur de l’Ardèche, un séminaire pour retisser les liens

6 min Publié le 30 septembre 2026 dans Interviews

Par Nathalie Leduc, spécialiste MICE et événementiel

Les Blaches : au cœur de l’Ardèche, un séminaire pour retisser les liens
Entretien avec Mathilde Desfosse

À Vernoux-en-Vivarais, une ancienne soierie devenue colonie de vacances accueille aujourd’hui les équipes en quête de déconnexion. Installé en forêt, au bord d’une petite rivière, le gîte Les Blaches réunit salles de travail, hébergements, restauration locale et activités de cohésion. Ici, le séminaire résidentiel se vit comme une parenthèse collective, à 40 minutes de Valence TGV et deux heures de Lyon.

Certains visiteurs disent que Les Blaches se trouvent « au bout du monde ». Pourquoi répondez-vous qu’ils sont au cœur du monde ?

Parce qu’une fois arrivés, les participants se retrouvent dans un cocon hors du temps. La forêt, la rivière et le calme les aident à couper avec le quotidien. Cette impression d’éloignement crée les conditions idéales pour être pleinement disponible au groupe.

« Nous sommes en pleine forêt, bordés par une petite rivière : nos clients se sentent dans un cocon », raconte Mathilde Desfosse. La nature n’est pas un arrière-plan ; elle donne le rythme du séjour et facilite une qualité d’échange devenue rare dans l’entreprise.

Vous revendiquez l’esprit d’un gîte de groupe plutôt que celui d’un hôtel. Que change cette différence ?

Les équipes disposent d’un lieu où elles peuvent réellement vivre ensemble. Les espaces communs, le bar, le coin salon et les repas partagés créent une atmosphère plus informelle. Les participants se sentent accueillis comme à la maison, avec davantage de liberté dans l’organisation de leur séjour.

Cette convivialité n’exclut pas l’efficacité. La salle parquetée de 70 m² et la salle de restauration de 90 m² peuvent chacune accueillir jusqu’à 40 personnes. Deux salles complémentaires permettent de travailler en sous-groupes, avec Wi-Fi, vidéoprojecteur, écran, paperboard et sonorisation.

Comment passe-t-on ici d’un temps de travail à un véritable moment de cohésion ?

Le passage se fait naturellement grâce aux espaces et aux activités. Après une plénière ou des ateliers, le groupe peut se retrouver autour d’un dîner brasero dans une ambiance guinguette, éventuellement accompagné d’un concert. Ce format compte parmi les expériences les plus appréciées.

« Notre enjeu est d’allier l’authenticité et l’efficacité, les moments de travail et ceux de cohésion », précise Mathilde Desfosse. Le programme reste structuré, mais il laisse une vraie place à la rencontre et au plaisir d’être ensemble.

Vos activités de team building ne se limitent pas aux grands jeux. Quels chemins proposez-vous aux équipes ?

Nous travaillons plusieurs axes : l’immersion dans la nature, la cohésion par le jeu, les pratiques artistiques et le coaching. Une équipe peut découvrir les plantes sauvages, participer à une écoute naturaliste nocturne, observer les oiseaux, cuisiner au feu de bois ou relever une mission de construction d’abri.

D’autres formats invitent à faire un pas de côté : théâtre, chant, radio, cyanotype, teintures végétales, ateliers DIY ou course d’orientation. Ces expériences sollicitent d’autres qualités que celles mobilisées au bureau et révèlent de nouvelles façons de collaborer.

Quelle place la restauration occupe-t-elle dans cette expérience collective ?

Nous proposons une cuisine gourmande et locale, réalisée sur place ou avec des restaurateurs et traiteurs partenaires qui travaillent des produits frais et de qualité. Le repas devient l’un des temps forts du séjour, notamment lorsqu’il prend la forme d’un brasero ou d’une grande tablée conviviale.

Les entreprises peuvent choisir une formule à la journée, un séjour résidentiel en pension complète ou une location en gestion libre. Nous adaptons l’organisation à leurs besoins, avec des modules clés en main ou une proposition entièrement personnalisée.

Avec 45 couchages, comment le résidentiel prolonge-t-il la dynamique du séminaire ?

Les douze chambres — doubles, triples, quadruples et dortoir rénové — permettent au groupe de rester sur place. Il n’y a ni transfert ni dispersion en fin de journée : les échanges se poursuivent naturellement au dîner, pendant la soirée puis au petit-déjeuner.

Cette continuité renforce la cohésion et permet de construire un programme plus équilibré. Le temps gagné peut être consacré à une activité, à une marche en forêt ou simplement à un moment informel entre collaborateurs.

Vous dites que la responsabilité environnementale relève moins d’une démarche que de votre ADN. Comment cela se traduit-il ?

Vivre au cœur de la nature oblige à la prendre en compte chaque jour. Des panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité ; une chaudière à plaquettes de bois, alimentée par une ressource très locale, assure le chauffage et l’eau chaude en hiver. Nous avons aussi installé des toilettes sèches, un compost et des poules pour valoriser les restes alimentaires.

Les Blaches portent la marque du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche et sont membres d’Émerveillés par l’Ardèche. Ces engagements prolongent une manière cohérente d’accueillir, de cuisiner et de faire découvrir le territoire.

Comment souhaitez-vous faire évoluer le lieu sans perdre son authenticité ?

Nous préparons l’ouverture de deux salles supplémentaires pour le travail en sous-groupes et le réaménagement des extérieurs. À moyen terme, nous souhaitons aussi créer un espace bien-être au bord de la rivière.

« Les Blaches doivent rester un lieu où l’on se déconnecte du quotidien pour mieux se reconnecter aux autres », conclut Mathilde Desfosse. Les évolutions à venir suivront ce fil : offrir davantage de possibilités aux entreprises tout en préservant l’esprit simple, vivant et profondément naturel du site.

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